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Chasser les oies à la remontée ? C’est possible !

A chaque fin de saison, l’éternel débat de la chasse aux oies en Février refait surface. Les chasseurs français sont forcés de raccrocher le fusil dès le 31 janvier, et de regarder les oies remonter depuis leur canapé. La cause ? Une loi européenne qui interdit la chasse dès lors que le premier vol d’oies a entamé sa migration de retour. Malheureusement, les instances cynégétiques ne disposent pas d’argument suffisamment efficace pour faire modifier cette loi. Pourtant, il existe des pays qui autorisent la chasse durant la migration de retour, voir qui ouvre une saison spécialement pour chasser ces oies. L’exemple des USA et du Canada qui, après la saison de chasse automnale, réouvre durant 2 ou 3 mois, selon l’état, la chasse aux oies blanches de mars à mai. Pour en apprendre un peu plus sur cette législation et, pourquoi pas, s’en inspirer, nous avons contacté Maxime Asselin, chasseur québécois passionné mais aussi guide de chasse et biologiste afin qu’il nous livre les détails de cette « après-saison » uniquement dédiée à la chasse aux oies blanches durant la remontée.

chasser les oies

Maxime, peux-tu nous parler des dates d’ouvertures/fermetures au Québec ?

À l’automne la chasse à l’oie blanche débute le 6 septembre et se termine habituellement dans les environs du 25 décembre. La migration arrive toutefois vers le premier octobre et quitte dans les environs du premier décembre.

Au printemps la saison débute le premier mars et se termine le 31 mai. En fonction de la température et du couvert de neige reçu en hiver, les oies peuvent arriver très tôt ou un peu plus en retard. Quoi qu’il en soit, dans les environs du 1 avril les oies sont assez nombreuses pour commencer la chasse. Entre le 22 et le 25 mai, aussitôt que la température le permet, c’est-à-dire, des forts vents du sud, les oiseaux entament la dernière partie de la migration vers le cercle article et quitte les dernières régions où elles se trouvent.

Durant le printemps s’ouvre pour vous une courte mais indispensable période de chasse aux oies blanches, pourquoi êtes-vous autorisés à chasser ces oies, et uniquement celles-ci, après que la saison de chasse ne soit fermée ?

Tout simplement parce que l’espèce (La Grande Oie des neiges) est en surpopulation et elle détruit elle même son écosystème, qui est vital à sa survie. Elle détruit aussi les cultures agricoles causant des pertes de milliers de dollars aux agriculteurs. L’automne les oies ne causent pas vraiment de dommage car elles se nourrissent des pertes laissées dans les champs après la récolte… Par contre, le printemps elles s’attaquent directement aux semences et pousses fraiches causant ainsi les destructions complètes des cultures saisonnières.

chasser les oies L’oie des neiges (grande et petite) et l’oie de Ross ont été désignées « espèce surabondante » ; au Québec, c’est la grande oie des neiges. Les autres espèces se retrouvent davantage au centre du continent. Une population surabondante est celle pour laquelle le taux de croissance de la population cause ou causera potentiellement une menace directe à la conservation des oiseaux migrateurs (eux-mêmes ou d’autres) ou leurs habitats, ou encore est nuisible ou menaçant pour l’agriculture, l’écologie des milieux ou d’autres intérêts similaires.

La désignation « surabondante » fournit des outils pour augmenter la récolte des chasseurs sous certaines conditions, par exemple des maximums de prise et de possession plus élevés et une période spéciale de conservation tenue au printemps où les chasseurs sont autorisés à chasser les oies afin d’aider à réduire l’effectif des populations.

Quels sont les avantages/inconvénients de chasser ces oies durant leur migration de retour ?

chasser les oies Avantages :

Permets de diminuer la population.
Permets de limiter leur temps sur une terre ou dans la même région.
Alimente l’économie locale des régions où l’on pratique la chasse.

Inconvénients :

La pression de chasse sur l’oiseau est très intense ! Pratiquement 9 mois par année. Les oiseaux deviennent très méfiants et la chasse plus complexe !

Quels sont les objectifs de ce mode de chasse ?

Diminuer les impacts sur les terres agricoles et maintenir le troupeau à environ 700 000 individus. Nombre qui correspond à la capacité de population que leur environnement peut soutenir.

Quand fut instaurée cette seconde saison de chasse ? Pourquoi ?

Printemps 1999 au Québec et 2009 aux USA. Depuis son instauration, la population de la grande oie des neiges n’a cessé de croître. Se stabilisant entre 700 000 et 1 000 000 d’individus. La chasse s’est avérée le seul outil efficace pour contrôler la taille de la population de la grande oie des neiges jusqu’à maintenant.

Pour nous, européens, les E-U et le Canada sont un exemple en matière de gestion des ressources cynégétiques, peux-tu nous en dire un peu plus sur la conservation des milieux au Québec ainsi que sur la gestion des prélèvements ?

Objectif de 500 000 à 750 000 oiseaux ce qui assurerait la santé du troupeau et permettrait la réduction des risques d’atteintes à l’intégrité écologique des habitats et de la biodiversité. En plus de minimiser les pertes liées aux dommages agricoles. Le but est de mettre en valeur la ressource et de tirer le maximum de bénéfices pour l’ensemble des intervenants.

chasser les oies Revenons à nos oies chassées durant la migration de retour, quels modes de chasse pratiquez-vous ? Comment les chassez-vous ?

Chaque jour, on effectue ce que l’on nomme la prospection, c’est-à-dire on repère les sites d’alimentations des oiseaux sur les terres agricoles. Ensuite, avec l’accord des propriétaires, le lendemain on chasse les champs nourriciers au levé du soleil avec des appelants bien disposés, des affûts mobiles bien dissimulés et des calls électroniques avec des enregistrements uniques.

Cette pratique est-elle ouverte à tous les chasseurs locaux et étrangers ?

Oui, par contre, il est très difficile, voire même impossible pour un étranger de venir pratiquer ce genre de chasse et d’obtenir du succès. L’organisation en logistique est tout simplement trop importante pour obtenir des résultats qui en valent le coup. Juste pour vous donner un exemple, notre entreprise utilise plusieurs véhicules 4×4, des remorques fermées, l’utilisation de centaines voir millier d’appelants, des affûts et c’est sans parlé de l’entretien de sites fixes et de la prospection de tous les jours.

Quelles sont les principales différences qui vous sont accordées durant cette période de chasse ?

En fait, le printemps c’est juste plus strict comme lois. Nous devons absolument chasser sur une terre à conation agricole et seulement chasser les oies blanches.

Si un chasseur français souhaiterait venir profiter de cette saison de chasse aux oies blanches, quels conseils peux-tu nous procurer ?

De venir vers la fin avril et durant tout le mois de mai. Règle générale, plus la saison avance, plus la chasse devient meilleure. De plus, il faut bien choisir son guide ou la pourvoirie qu’on décide d’utiliser… Il faut savoir reconnaître un service de qualité.

chasser les oies

En conclusion, par son expertise en la matière, Maxime nous apprend que la chasse des oies (blanches) à la remontée, s’inscrit dans une démarche plus globale de gestion des espèces et des milieux. Bien qu’il soit impossible de copier cette gestion des ressources à notre petite contrée, il est tout à fait possible de s’en inspirer, de l’adapter à notre problématique. Il suffit simplement de faire preuve d’ouverture, de regarder ce que d’autres pays ont mis en place et d’avancer, encore faut-il que nos dirigeants en aient la volonté.

Maxime Asselin est un guide très réputé dans la province de Québec. Grand spécialiste de l’oie blanche, il voue une véritable passion à cet oiseau aussi difficile que passionnant à chasser. Vous pouvez le retrouver sur les réseaux sociaux tel que Facebook – ou découvrir ses services sur son site internet.

Sources :
Anonyme. 2013. L’Oie des neiges au Québec : Plan d’action 2013-2018. Document issu d’un atelier de travail regroupant les membres de la Table de concertation sur la gestion de la Grande Oie des neiges, Québec, Québec. 20 pages.

Un énorme merci à Maxime Asselin et Philippe Vignoul pour nous avoir accordé de leur temps et partagé leurs expériences. Si vous souhaitez chasser les oies et canards au Canada, n’hésitez plus, contactez les !

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